CE QUE LES ENSEIGNANTS ET LES ELEVES DISENT DE NOS PROGRAMMES:

“Je suis ravie que vous travailliez à renforcer la présence des arts à l‘école publique. Les enfants en ont besoin! Les professeurs en ont besoin!”
Enseignant, Camellia School

“Je vous suis reconnaissante de partager des thèmes sophistiqués – et touchants – de manière si efficace.”
Enseignant, Annandale School

“Vous avez fait quelquechose d’extraordinaire pour mes élèves de ‘ special education’! Je ne les ai jamais vus si motivés and excités.”
Enseignant, Special Education, Dahlia Heights School

“J’ai appris la géographie de ma région, les états de la matière et des formes géométriques dans mon cours de danse avec Bluepalm.”
Elève, Ynez School

“J’ai appris la vie des tribus indiennes d’Amérique. J’ai aimé danser des salutations de différents pays.”
Elève, Highlands School

“Bluepalm m’a appris que l’art depend de l’espace et de comment on le configure.”
Elève, Toluca Lake School

“Des gens comme vous peuvent vraiment faire une différence dans le monde. Je sais que vous avez déjà fait une différence pour moi.”
Elève, President School

 

L’ART A L’ECOLE: DE LOS ANGELES A RILLIEUX-LA-PAPE

Pour les enfants grandissant dans les grandes métropoles du monde occidental, la transversalité est indispensable. Ces enfants, aux appartenances culturelles souvent multiples, exposés à un influx incessant d’informations venant du monde entier, ont besoin des passerelles qui leur permettent de discerner, d’inventer, d’accepter et d’être acceptés.

En juin-juillet 2005, nous avons eu le privilège de mener à bien un projet au Centre Chorégraphique National de Rillieux-La-Pape, en collaboration avec la Compagnie Maguy Marin et l’Ecole Elémentaire de la Velette. Ce travail, conçu autour du thème de l’identité, proposait des composantes arts plastiques, danse, théâtre, instruction civique et écriture. Il présentait de nombreux recoupements avec un projet que nous avions conduit, selon d’autres modalités, dans plusieurs écoles et collèges de Los Angeles. Nous étions curieux de voir s’il y aurait des divergences fondamentales dans la manière d’aborder le travail entre les enfants français et américains. Bien sûr, nous avons pu constater quelques petites différences, mais les similitudes étaient de loin plus nombreuses: engouement pour les activités qui intègrent la voix et le corps, acquisition et rétention accrue de vocabulaire à travers l’action et le jeu, plaisir à découvrir ses capacités d’expression, besoin de développer un sens esthétique, critique et analytique. Cette expérience des deux côtés de l’Atlantique nous a permis de dégager des constantes à propos de ce que l’éducation artistique peut offrir à tous les enfants. Nous partageons ici quelques-unes de nos observations:

- Concentration: la concentration passe par la conscience physique et spatiale. Prendre possession de son corps, l’habiter, le mouvoir à travers l’espace en respectant la ’bulle’ de l’autre, voici une expérience concrète du respect attentif de soi et d’autrui. La concentration devient une façon d’être, une habitude d’excellence à l’école et dans la vie.

- Enthousiasme: lorsque l’investissement physique entre en jeu, l’apprentissage du savoir devient réellement dynamique. Il permet à l’enfant de parcourir de façon personnelle le chemin entre sensation et abstraction. Vivre le vocabulaire pour mieux l’écrire.

- Emotion: l’emploi, par exemple, du ton en communication orale, permet de mieux comprendre, retenir et partager. Apprendre, c’est sentir, sentir c’est apprendre.

- Curiosité: la question centrale du jeu théâtral - ‘Et si...?’ - est le moteur de la création artistique ET de la recherche scientifique. Les activités transversales mettent en évidence le côté ludique du développement intellectuel et les liens créatifs entre toutes les matières. Encourager et explorer le ‘Et si...?’ dans toutes les disciplines et entre toutes les disciplines.

- Culture: le développement esthétique va de pair avec le développement du language. Il est crucial d’éveiller la capacité à faire des connections historiques, personnelles ou entre disciplines, à aller au-delà du ‘j’aime ou je n’aime pas’. Apprendre aux enfants à se donner les moyens d’être concernés, touchés, disponibles.

Ces réflexions nous mènent à souhaiter la naissance d’un nouvel humanisme éducatif qui cesserait notamment de dresser des barrières entre les sciences et les lettres. La perception artistique en serait le lien indispensable, de par sa manière d’appréhender le monde, de le partager, de le transformer, voyageant sans cesse et sans cloisement entre l’expérimentation et la métaphore, l’improvisation et la composition, à contre-courant des cultures de passivité et de consommation qui assaillent les enfants au quotidien.

L’éducation artistique et culturelle est un outil de formation dont nous ne pouvons, nous n’osons, plus nous passer dans nos écoles. Si nous laissons la capacité de percevoir le monde artistiquement s’éteindre, la perception scientifique suivra peu après. Nous perdrons notre quête de sens, notre sens du merveilleux, et enfin, notre merveilleux langage. L’éducation artistique et culturelle est une occasion unique de créer des passerelles physiques et intellectuelles qui nous mettent en contact avec ce qu’il y a de plus humain en nous, à Los Angeles, tout comme à Rillieux-la-Pape.

Jackie Planeix Tom Crocker
BLUEPALM


NOTE: ce projet de BLUEPALM comportait également une création avec des danseurs de la Compagnie Maguy Marin ainsi que des enfants et des membres de la commune de Rillieux-La-Pape. Cette pièce, intitulée “Donc Je Suis”, a été présentée le 13 juillet 2005 au Centre Chorégraphique National de Rillieux-La-Pape.

Article extrait de Trait d’Union, #11 - Septembre 2006